
Peupler l’ordinaire vingt ans de projets exposés
Mi-mars, nous collons notre première affiche de la collection 2006 à 2026 : vingt ans de projets exposés. Première étape d’un parcours qui propose…

Un collectif d'artistes, d'eleveur·ses, d'habitant·es, de chercheur·ses, et de médiatrices
2017, Quartier Rouge invite l’artiste Boris Nordmann à présenter sa Fiction corporelle cachalot dans le cadre d’une programmation sur les relations humains-animaux. Lors de sa venue il évoque son souhait de travailler sur une fiction corporelle qui pourrait servir à dénouer un conflit ou des incompréhensions humains-animaux. À ce moment-là, les loups sont présents dans le proche Cantal et les éleveur·ses du territoire sont inquiet·es de ses capacités de dispersion. Quartier Rouge et Boris Nordmann réunissent un groupe d’éleveur·ses et d’habitant·es (des éleveu·ses ovins, caprin et bovins, un maire, un guide de moyenne montagne, une médecin urgentiste, des membres d’associations environnementales) préocuppé·es par ce retour autour d’un projet de recherche qui puisse être un espace pour se préparer collectivement à celui-ci et nourrir la création d’une forme artistique.
De 2017 à 2019, la démarche artistique de Boris Nordmann est le fil conducteur d’une recherche partagée avec le groupe qui se réunit régulièrement pour des rencontres, des discussions, un arpentage, des visites de fermes et des explorations somatiques. Plusieurs temps forts ponctuent cette première période : l’accueil de Gérard Vionnet, éleveur-vétérinaire-berger du Jura qui a l’expérience de 30 ans d’estives dans une zone où les loups sont revenus et l’organisation d’une conférence et d’un stage animé par Jean-Marc Landry et Boris Nordmann, « comprendre les loups dans leurs relations aux troupeaux », qui croise éthologies et explorations somatiques.
Biologiste de formation, passé par l’École d’art du Fresnoy et l’EHESS, Boris Nordmann tisse des allers-retours entre sciences et arts. Depuis 2011, il développe les Fictions corporelles, qui sont littéralement des méthodes pour « se sentir autre » : se sentir araignée, cachalot, chauve-souris, taureau. Outils de connaissance, les Fictions corporelles sont des dispositifs fictionnels pour se représenter un savoir, en l’incorporant dans la représentation que l’on se fait de son corps. Le principe est de trouver dans le monde perceptible de l’humain ce qui permet de comprendre le plus finement le monde de l’autre. En 2017, dans le cadre de sa venue sur la Montagne Limousine, il se demande si les fictions corporelles pourraient être une forme concrète d’expérimentation diplomatique pour faciliter les relations avec un animal avec lequel les humains sont en conflit.
Benoît Verjat rejoint l’aventure à l’invitation de Boris sur le stage "Comprendre les loups dans leurs relations au troupeau". Designer de recherche, il prend soin des manières de produire de la connaissance dans les dynamiques collaboratives. En 2020, il intègre ce terrain dans son projet de thèse en anthropologie dans lequel il observe plusieurs contextes de production de connaissances basés sur des pratiques corporelles et des mises en situation.
Entre 2017 et 2019, Boris Nordmann écrit le Récit de l’enquête qui retrace le processus de la recherche, ses rencontres, les multiples déplacement qu'iels opèrent.
Les loups relient. Cette enquête sur le pouvoir de médiation des loups m’a conduit de fermes en alpages à travers les Alpes, Ardèche, Corrèze, Creuse, Drôme, Haute-Vienne, Jura, à la capitale, de stages, en rendez-vous, en promenade, j’ai rencontré des personnes humaines et animales, des administrations locales, nationales et internationales, des troupeaux, des bergers, de l’herbe et l’énergie solaire qu’elle capte. Par les montagnes, vallées, par les bois et les villes, par les transports, de laboratoires en bureaux, j’ai rencontré des chasseurs, des éleveurs, des chercheurs, des vétérinaires, des associations, des anthropologues, des médiateurs territoriaux, des aristocrates naturellement, des philosophes, des militants, des enfants, des équipes de tournage animaliers, des thérapeutes, une médecin urgentiste, un designer de données, un ecclésiaste, des élus, quelques loups, mais surtout leurs effets, des traces, des poils, des images, des rêves, des valeurs, des cultures, des handicaps et beaucoup d’émotions, j’ai rencontré moi-même comme un processus.
– Boris Nordmann
Ce récit est rendu public sous forme de lecture d’une durée de 1h30. Il est coproduit par Old School et Quartier Rouge.
La Fiction corporelle Lou Pastoral est une forme hybride qui alterne des temps de récits et des explorations somatiques pour devenir les entités de l'écosystème pastoral concernées par le retour des loups (prairie, brebis, troupeau, chiot, louve).
Cette promenade en salle nous emmène à travers nous, êtres pastoraux. Nous passerons par l’état d’être prairie. Nous serons mangés par des herbivores, que nous deviendrons. Nous serons mangés par des carnivores, que nous deviendrons. Nous adopterons la fraternité d’une portée nombreuse. Nous revisiterons ce que peut être humain, et nous en discuterons. Prenez soin de vous équiper comme pour une transhumance avec une tenue ample que vous acceptez de salir, en envisageant le confort d’une sieste : coussin, couverture
– Boris Nordmann
Elle est écrite Boris Nordmann, avec la contribution de Virginie Thomas et Benoît Verjat. Œuvre – atelier d’une durée de 2h30, en salle. Elle est coproduite par Old School et Quartier Rouge.
Une assemblée pastorale, développée par Benoît Verjat et Boris Nordmann est une pratique corporelle qui vise à vivre concrètement des situations d’interaction depuis des perspectives animales (herbivores sauvages et domestiques, canidés). En salle, ou en extérieur, la pratique conduit à formuler des hypothèses, muscler ses intuitions pour penser les situations de cohabitation. La création de cette forme a eu lieu dans le cadre d’une résidence à la Cité du design liée à l’obtention du Prix Jacques Bonnaval par Benoît Verjat en 2019. Cette pratique peut être proposée en salle, en extérieur, dans une ferme. Elle dure environ 2h30.
Ces formes et pratiques sont expérimentées à plusieurs endroits et notamment à l’occasion d’ateliers en lycées agricoles.
Parallèlement, en 2020, alors que les loups sont désormais bien présents, le groupe d’éleveur·ses et d’habitant·es poursuit ses réunions avec Quartier Rouge autour de la formulation d’une commande à adresser à des scientifiques. Pensée initialement dans le cadre des Nouveaux commanditaires Sciences avec l’accompagnement de l’Atelier des Jours à venir, la suspension du programme à ce moment-là, oriente la formulation vers de nouveaux contextes :




Boris Nordmann et Benoît Verjat
Autres artistes : Laurie-Anne Estaque (prise de notes cartographiées et dessins), Virginie Thomas (collaboration sur la Fiction corporelle), Robin Dercourcy (invité FAP), Collectif FEU, Le grand zanimo (invité FAP), Anna Gianferrari et Doriane Albert (invitées FAP), le Gran Zanimo (fanfare animalière – invité·es FAP), Troubs
Autres chercheur·ses : Jean-Marc Landry (éthologue - stage), Joanne Clavel et Violetta Salvatierra (chercheuses en danse et humanités environnementales - étude ethnosomatique), Valérie Pihet (chercheuse en écologie des pratiques - interventions sur les lycées agricoles et sur FAP), Denis Chartier, Joanne Clavel et Etienne Grésillon (accompagnement des étudiants Espace et milieux – Territoires écologiques), Patrick Degeorges (philosophe - collaborateur FAP), Farid Benhammou (géographe - invité FAP)
Autres collaborateur·ices : Gérard Vionnet (enquête), Natacha Margotteau (praticienne méthode Lipman – FAP), Pascal Ferren (philosophe et urbaniste – FAP), Charlotte Letient (communication animale - FAP), Alizé Bresnu (Groupe mammalogique et herpétologique du Limousin),
Johanna Corbin, Frédéric Lagarde, Thierry Letellier, Léo Pauwels, Éric Moreau, Bernard Bigliardi, Vincent Atassi et Berthane Lehec (éleveur·ses), Stéphane Grasser (guide de moyenne montagne), Anne-Odile de la Fortelle (médecin) rejoint·es par d’autres éleveu·ses, naturalistes et habitant·es à certains moments et notamment lors du stage éthologique.
Les Granges de Lachaud
Le Groupe mammalogique et herpétologique du Limousin (enquête et FAP), le PNR de Millevaches en Limousin (FAP et BD) et l’Association corrézienne des utilisateurs de chiens de troupeau (FAP). Les lycées agricoles d’Ahun et de Neuvic. L’atelier des Jours à venir et le laboratoir. L’École nationale d’art de Limoges et particulièrement l’Axe Recherche Création « Territoire » (FAP), L’association Pivoine (stage)
La Fondation Un monde par tous et le Parc Naturel Régional de Millevaches en Limousin. Dans le cadre du programme annuel de Quartier Rouge, la recherche a aussi été soutenue par la DRAC Nouvelle Aquitaine, la Région Nouvelle Aquitaine et la commune de Felletin.

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